Ados A dos

Ta Jeunesse Dans Les Rues

Ados à dos, répression, interdiction, contrôle, délit de faciès autant de jargons attribués à cette malheureuse jeunesse. Être ado de nos jours, relève, presque, d’un vrai parcours du combattant. Souvent sans argent et livré à soi-même, on se prend pour un adulte sans en avoir encore l’âge puis se tenir debout, seul et contre tous.

Un jeune fait face à 2 chemins qui lui sont offerts : choix n°1 : être quelqu’un de responsable, suivre le parcours de la raison, à savoir : faire ses études puis décrocher les meilleurs notes, se choisir un métier et atteindre cet objectif ou choix n° 2 : envers et contre tous, pas de bonnes notes à l’école mais préfère la rue car on sait que c’est ici, qu’au niveau argent, que tout se passe.

Et la suite qu’on devine vaguement, entre 4 murs ou entre 4 planches. Malheureusement beaucoup de jeunes, voyant le monde extérieur étaler toute cette richesse de faux et d’illusion, optent pour le choix n° 2. Alors asseyons nous un instant et tâchons de comprendre le pourquoi et comment ne pas se mettre les ados à dos.

Justice à 2 Vitesses

Quand on grandit dans un quartier qui ne laisse pas de place aux rêves, il est difficile d’avoir une vision sur un avenir. Quand aucune belle réussite est représentée dans la famille ou dans l’entourage, il est difficile de concevoir un modèle, en bien, sauf si celui-ci veut s’en sortir. Mais quand le grand frère échoue dans ses études ou sa carrière professionnelle, parce qu’il n’a pas fait les bons choix, il répercute, inconsciemment, sa mauvaise expérience sur le petit frère qui, lui, veut réussir. Celui-ci redescendra aussitôt avant d’avoir même commencé à décoller.

Une racaille ne nait pas racaille, elle le devient car on lui a coupé ses rêves et ses repères. Sa violence est la réponse à un avenir barré, brisé par de mauvaises directions empruntées et d’un mauvais voire aucun accompagnement. Elle est également une manière de ne pas admettre, que finalement, on a baissé les bras avant de se battre. Sans relever la tête et repartir au combat.

Quel combat ? Pour son avenir, la vraie lutte contre son propre être et apprendre de ses erreurs. Mais quand on baigne dans un environnement négatif et qu’aucun n’en ai sorti vainqueur, on se dit que ça n’est pas fait pour moi c’est la faute à pas-de-chance, pire, n’existe même pas, ça se saurait !

Jeune Qui En Veut

On va à l’école, on a les meilleures notes. Puis on intègre l’un des très bons lycées français puis une des meilleures universités et on ressort dans les 3 premiers de sa promo. On a déjà choisi le métier, ingénieur en aérospatial, on a les bagages pour. Sauf que le visage et le nom ne s’y prête pas vraiment. Pas assez blanc, pas assez couleur locale pour décrocher le moindre entretient, le moindre job. Sur le CV, on y croit dur comme fer mais devant le bureau de la RH ce n’est pas le même discours, monsieur on vous rappellera !.

« Donner une chance aux plus démunis », ce leitmotiv respire l’espoir mais dans en réalité, il affiche une autre facette, une autre vision. Faut se résigner, les offres de boulot quand on est noir ou arabe, les belles opportunités ne courent pas les rues. Comment s’en sortir dans ce cas ? De longues études pour terminer comme plongeur dans un restaurant huppé de la capitale.

Les jeunes ne sont pas écoutés à leur juste valeur mais mis au placard sans demander leur avis. C’est normal, ils sont étrangers et donc pas le droit à la parole et puis de toute façon le poste a déjà été pris ! Et puis vu la situation géographique inscrite sur le CV, il doit être une racaille et nous on n’embauche pas les racailles !

Seul Contre Tous

Cette sélection a 2 vitesses, une qui condamne et l’autre qui favorise affecte considérablement l’avenir d’un jeune. Par sa situation géographique ou son ethnie, des gens vont décider où caser ce jeune : dehors ou dedans. Ils n’ont pas rendu obligatoire la photo sur le CV mais parfois pas besoin, on devine le personnage. Mr. Mamoudou Sissoko Traoré ou Rachida Ben Smaili, on imagine bien à qui on à faire. On se doute bien que qu’il n’est pas originaire d’Alsace ou de la Normandie comme pays de souche.

Alors faisons un bref bilan : faire de longues et hautes études, noir ou arabe, habitant des quartiers défavorisés ou classés dits sensibles et au finale aucun débouché car l’environnement d’où l’on vient ne laisse aucune chance d’être retenu par les institutions et les sociétés en France. Dur à avaler, quelles solutions donne-t-on face ce cloisonnement social ?

Quelles sont les chances de ne pas partir en vrille face à tant de fermeture de portes. On a joué le jeu jusqu’au bout et donné plus qu’il ne le fallait car étranger faut doubler d’effort mais malgré ça, on n’est toujours pas à la hauteur. Le mur est toujours trop haut pour l’escalader mais pour Stéphane Larose ou Annie De la Peccadille, ce n’est qu’un muret à franchir, facile!

Le Verdict

Alors mettons nous un instant dans la peau de ce jeune, à qui, aucune porte n’a été ouverte à cause de son nom, sa couleur de peau ou sa situation géographique qui s’est déjà fait par d’elle dans les médias. A quoi pense-t-il ? Qu’est-ce qu’il peut attendre de la France, pays sur lequel il a grandi, a fait ses marques, ses premiers pas et eut entièrement confiance. Mais au final, non tu n’es toujours pas considéré comme l’un des nôtres car par ta couleur, tu restes et resteras qu’un étranger, un parasite, un fléau pour ce pays.

Difficile de rester zen et de garder son calme face et la banane à tant de haine et tant racisme. Il y a une époque, cette même haine se chuchotait dans les couloirs, maintenant elle est proclamée ouvertement. Les gens se trompent de colère et que ce n’est pas l’étranger honnête et travailleur qui est la cause des maux dans ce pays mais bien ceux qui le dirigent et montent, par leurs discours haineux déguisés en souffrance, les gens contre les gens, usant de cette fameuse devise : diviser pour mieux régner.

Tant que l’homme n’aura pas compris que les blancs et noirs, quoiqu’il arrive, continueront à vivre ensemble tant que la Terre continuera de tourner. Le métissage ne fait que progresser et encore plus diversifié qu’avant. Le temps de le combattre, le pauvre blanc raciste sera déjà mort et enterré. Oui, le métissage c’est l’avenir de la planète alors autant, dès maintenant, s’y habituer !