J’ai fait un rêve où un homme n’était pas tué pour la couleur de sa peau ni pour la couleur de ses yeux. J’ai fait un rêve où l’homme apprend de ses semblables des choses qu’il ne connaissait pas. Un homme plein de sagesse, curieux de découvrir de nouvelles façons de voir la vie, afin de comprendre la sienne et d’avancer avec une nouvelle vision.
J’ai fait un rêve où l’homme devient l’égal de sa femme, qu’il la traite avec égard et la protège comme on protège un trésor inestimable. J’ai fait un rêve où la religion n’est pas un problème, mais un mode de vie où l’humanité vit en harmonie pour un Dieu unique, la feuille sur la branche appartenant au même arbre. J’ai fait ce rêve où cet enfant ne mourrait plus de faim, rassasié, et pourrait enfin espérer vivre plus longtemps.
J’ai fait un rêve où les guerres n’ont plus lieu d’exister car les grandes multinationales ont cessé de fonctionner sur la base du profit, mais plutôt sur celle du partage. Et où avoir plus d’argent ne reste que de l’argent, car un corps malade ne peut être guéri avec aucune monnaie. J’ai fait ce rêve où le chrétien, le juif et le musulman vivent en paix, car leurs livres le décrivent clairement.
J’ai fait un rêve où l’homme ne tue plus sans raison, ni par amusement ni par ignorance, et qu’il connaît la valeur sacrée de la vie. J’ai fait un rêve où l’être humain prend soin de la nature, des arbres comme s’ils étaient ses enfants. J’ai fait un rêve où l’homme ne s’empoisonne plus avec sa nourriture et n’alimente plus sa haine. J’ai rêvé qu’avec ses yeux d’humain, il puisse voir l’enfant qui pleure, la femme battue, l’animal torturé ou cette famille déchirée par des tirs d’obus. J’ai rêvé que l’homme avait appris de ses erreurs du passé afin de ne plus les reproduire pour son futur. J’ai rêvé de cet instant où le noir et le blanc ne se combattent que sur un échiquier, autour d’un lait au café savamment dilué.
J’ai fait un rêve où les plus riches de ce monde comprenaient la pauvreté de l’âme, la pauvreté d’un pays. J’ai fait ce rêve qui donne des frissons quand un enfant est sauvé de la maladie, quand l’aveugle retrouve la vue et que le condamné sans raison est enfin libéré. J’ai fait ce rêve qui me donne chaque jour la raison d’exister, cette raison qui m’empêche de baisser les bras, celle qui vous assène un coup si violent qu’abandonner devient impossible. J’ai fait ce rêve, mais je ne dormais pas et que peut-être il a déjà commencé…

