Ses Poèmes

Alice Junky

Il court, il court non pas le furet mais bien le lapin,

Presser sans trop près c’est lui et sa montre à la main

Alice perdu dans ses pensées, le suit mais lui est très malin

L’embrouille de croire au marchand de sable, venu ce matin

Achète la poudre de Paradis, composée d’étoiles et de jasmin

Vendeur de rêves, bien déguisé retire son masque et son machin

Surprise de voir que le marchand n’était autre que son voisin

La poudre reniflée dans le nez, pour l’arnaquer c’était enfantin

Corps allongé, immobile dans la ruelle, quel piètre destin

Elle avait retrouvé un chemin mais pas le bon, a dit le lapin

Ce Jour Viendra

Un jour viendra où les sourires des lèvres s’effaceront

Les chaudes larmes de notre tristesse cesseront

Les jeunesses naïves et inconscientes se faneront

Les diables en chemise et aux dents blanches périront

Les blessures ouvertes par l’injustice se refermeront

Les montagnes de pierre en marche s’affaisseront  

Les portes du palais du dernier réveil s’ouvriront

C’est alors que ce dernier jour viendra que nous saurons

Cœur Malade

Je contemple ses yeux, me vois vaillant, dénué de toute peur

Prenant à bout de bras ce monde, le hissant avec ardeur

Super héros des temps modernes, panoplie taillée à même la peau

Dans ses yeux, je suis son modèle, preux chevalier cape sur le dos

Bouclier humain, son protecteur, combattant de toutes ses peurs

« Un cœur ne peut être sain que quand il sait qu’il est souillé. »

Le Contre des Mots

Il n’y a pas de grand amour sans un petit sourire

Ni une longue souffrance sans un court plaisir

On n’essuie pas de gros échecs sans de faibles chances

Avenir passé d’une jeunesse sans une vieillesse sans résistance

On touche tout près du but sans voir au loin son tour se dérober

Se poser les bonnes questions sans mauvaises idées infondées

On marche sur le haut du pavé sans être social au bas de l’échelle

Bienvenue dans ta nouvelle vie sans que ta mort te le rappelle

Hypocrisis

Je regarde ce monde qui perd le fil de sa pensée, humanité plongée dans l’obscurité

Réseau social bestiale, ami-ami derrière que l’écran écarte au loin toute vérité

On devient autre quand seul on est, l’un sans l’autre, une dérive mentale banalité

On abat et laisse toute politesse lorsque le bât blesse, de mots saignants sans prendre les gants

Je regarde ce monde qui part à cloche-pied, portant sa peine à bout de bras forcé

L’enfant, petit qu’on devait préserver le voilà tyran papa-maman vides de vie, à ses pieds

La frontière, largement dépassée, qu’on pousse, pousse toujours la ligne jusqu’à la plier

On reste passif, nocif, acquis sur nos actifs, aveuglé par la rançon de l’espoir

Je regarde ce monde, balafré défiguré, par des esprits malsains dotés de cœurs tâchés

Qui, eux, ne le savent pas encore, aux yeux désespoirs, soif d’être au sommet de leur propre gloire

Perdus à jamais dans leur tourments, tournant sans cesse autour de leurs seuls moments

On est seul chez soi quand vient la nuit tombée, fuyant son ombre comme le passé

Je regarde ce monde qui chute, perdu dans son infini et qui n’a pas fini de tomber

Larmes d’Ecritures

J’écris pour oublier, les choses qui meurent le temps d’une larme coulée

J’écris pour effacer, annihiler les mauvais instants présents et puis passés

J’écris pour celles et ceux qui ont pris les devants, vie vécue, abandonnée

J’écris pour celui qui ne voit pas de ses yeux mais d’un cœur toujours élevé

J’écris pour le mendiant sans le vêtement, qui recherche en vain sa dignité

J’écris pour le stressé tyrannisé par ses idées d’être enfermé ou enchaîné

J’écris pour les enfants seuls au monde n’ayant pas de bras pour les aimer

J’écris pour ceux qui croient que la couleur de peau n’est pas un danger

J’écris pour ceux qui posent le front 5 fois au sol, respectant les autres idées

J’écris pour toi devant l’Etoile de David quand tu reconnais avoir outre dépassé

J’écris pour ceux qui ont vite compris que la vie n’est pas un show télé

J’écris pour moi aussi car besoin de vider mon sac d’un trop-plein de petits ennuis

Ce Bon Vieux Temps

Je vous parle d’un temps non pas ceux de vingt ans qui croient tout connaître

Mais ceux errants, marchants et trébuchants et qui voulant être, paraître

Plus vieux de cinquante ans ne sachant, pourtant, que leur belle jeunesse

File entre leurs doigts et qui se fond au soleil comme de la neige épaisse

Sniffé dans le pif en se sentant Hercule prêt à tout, mettant sens dessus dessous

Confondant le vrai du faux, aveugle des mots, suivant un monde toujours plus fou

Je vous parle de ce temps qui m’a l’air, vraiment si beau au travers de sa vitrine

Ecoulé à chaque instant, alors redonne lui ce souffle, ainsi ma rime se termine

El Jiin

Je suis celui qui suis suivant le vent devant qui souffle et pousse

Celui qui dit mais n’a pas vu et sort de son étui mensonges et poésies

Le même qui fait et cache le vrai du faux, colportassions en douce

Provoquants heurts et malheureux, âmes en peine et cœur détruits

Je piétine le bien par le mâle qui marche avec vergogne et pleine de gloriole

On m’écoute toujours, mots au creux de l’oreille, conseille en mal en vérité

L’homme dans sa course effrénée fonce tête baissée, épaules contre épaules

Je suis celui qui restera près de toi tant que tu n’auras pas reconnu qui est le VRAI

Bataille Des Mots

Sur cette page, je balance en pagaille les idées, dans mon cerveau

Les mêmes qui viennent et qui reviennent comme le refrain d’un solo

A capella ou en duo les rimes se forment et se dressent comme des drapeaux

Plantés dans l’esprit sans aucun rituel, je capitule, ce n’est qu’une démo

De force pour prouver qui est le meilleur de ces jeux de mots ou de mes impros

Relève le défi de ce combat mais mon esprit se bat, se débat, coincé dans cet étau

Chaque syllabe bien lancée, atterrit et fracasse mes idées, déjà bien amochées

Je perds du terrain et sent bien venir la fin, de cette bataille bien engagée

Je renonce et bat en retraite, les mots sont les vainqueurs, je dois l’avouer

La prochaine fois, je serais sans pitié car cette guerre, je compte bien la gagner

Dealer De Mots

Dans ce livre ouvert, je prends ces mots et en fait des vers

De faits d’hiver au ton d’automne qui avait été printemps à une époque 

Je manipule les verbes, leurs textures et les conjugue de toutes les manières

Cette fragrance fragile, naïve de lettres mais aussi dure qu’un roc

Je dirige la danse, les voilà tombés sous mon charme alors j’active le pas

Arsène des mots, je pique au vif, ninja de l’impro et vole de mes propres L

Rhétorique emblématique, le voleur de mots attaque sans faille et sans appât

Pas vu, pas pris Zonier est passé mais n’a pas capté le coffre, vidé de ses voyelles

Illusion démo, des mots usés bien comme il faut, un crime littéralement organisé

Je deviens leur dealer des maux, rime avec le crime d’être le meilleur sans ego

Le dico est au pas et taffe pour moi, policier des mots crochés et fautes de dictée

Bescherelle a jeté son tablier, dégouté d’avoir échoué, jeunesse langage SMS par texto