Alice Junky
Il court, il court non pas le furet mais bien le lapin,
Presser sans trop près c’est lui et sa montre à la main
Alice perdu dans ses pensées, le suit mais lui est très malin
L’embrouille de croire au marchand de sable, venu ce matin
Achète la poudre de Paradis, composée d’étoiles et de jasmin
Vendeur de rêves, bien déguisé retire son masque et son machin
Surprise de voir que le marchand n’était autre que son voisin
La poudre reniflée dans le nez, pour l’arnaquer c’était enfantin
Corps allongé, immobile dans la ruelle, quel piètre destin
Elle avait retrouvé un chemin mais pas le bon, a dit le lapin
Ce Jour Viendra
Un jour viendra où les sourires des lèvres s’effaceront
Les chaudes larmes de notre tristesse cesseront
Les jeunesses naïves et inconscientes se faneront
Les diables en chemise et aux dents blanches périront
Les blessures ouvertes par l’injustice se refermeront
Les montagnes de pierre en marche s’affaisseront
Les portes du palais du dernier réveil s’ouvriront
C’est alors que ce dernier jour viendra que nous saurons
Cœur Malade
Je contemple ses yeux, me vois vaillant, dénué de toute peur
Prenant à bout de bras ce monde, le hissant avec ardeur
Super héros des temps modernes, panoplie taillée à même la peau
Dans ses yeux, je suis son modèle, preux chevalier cape sur le dos
Bouclier humain, son protecteur, combattant de toutes ses peurs
« Un cœur ne peut être sain que quand il sait qu’il est souillé. »
Le Contre des Mots
Il n’y a pas de grand amour sans un petit sourire
Ni une longue souffrance sans un court plaisir
On n’essuie pas de gros échecs sans de faibles chances
Avenir passé d’une jeunesse sans une vieillesse sans résistance
On touche tout près du but sans voir au loin son tour se dérober
Se poser les bonnes questions sans mauvaises idées infondées
On marche sur le haut du pavé sans être social au bas de l’échelle
Bienvenue dans ta nouvelle vie sans que ta mort te le rappelle
Hypocrisis
Je regarde ce monde qui perd le fil de sa pensée, humanité plongée dans l’obscurité
Réseau social bestiale, ami-ami derrière que l’écran écarte au loin toute vérité
On devient autre quand seul on est, l’un sans l’autre, une dérive mentale banalité
On abat et laisse toute politesse lorsque le bât blesse, de mots saignants sans prendre les gants
Je regarde ce monde qui part à cloche-pied, portant sa peine à bout de bras forcé
L’enfant, petit qu’on devait préserver le voilà tyran papa-maman vides de vie, à ses pieds
La frontière, largement dépassée, qu’on pousse, pousse toujours la ligne jusqu’à la plier
On reste passif, nocif, acquis sur nos actifs, aveuglé par la rançon de l’espoir
Je regarde ce monde, balafré défiguré, par des esprits malsains dotés de cœurs tâchés
Qui, eux, ne le savent pas encore, aux yeux désespoirs, soif d’être au sommet de leur propre gloire
Perdus à jamais dans leur tourments, tournant sans cesse autour de leurs seuls moments
On est seul chez soi quand vient la nuit tombée, fuyant son ombre comme le passé
Je regarde ce monde qui chute, perdu dans son infini et qui n’a pas fini de tomber
Larmes d’Ecritures
J’écris pour oublier, les choses qui meurent le temps d’une larme coulée
J’écris pour effacer, annihiler les mauvais instants présents et puis passés
J’écris pour celles et ceux qui ont pris les devants, vie vécue, abandonnée
J’écris pour celui qui ne voit pas de ses yeux mais d’un cœur toujours élevé
J’écris pour le mendiant sans le vêtement, qui recherche en vain sa dignité
J’écris pour le stressé tyrannisé par ses idées d’être enfermé ou enchaîné
J’écris pour les enfants seuls au monde n’ayant pas de bras pour les aimer
J’écris pour ceux qui croient que la couleur de peau n’est pas un danger
J’écris pour ceux qui posent le front 5 fois au sol, respectant les autres idées
J’écris pour toi devant l’Etoile de David quand tu reconnais avoir outre dépassé
J’écris pour ceux qui ont vite compris que la vie n’est pas un show télé
J’écris pour moi aussi car besoin de vider mon sac d’un trop-plein de petits ennuis
Ce Bon Vieux Temps
Je vous parle d’un temps non pas ceux de vingt ans qui croient tout connaître
Mais ceux errants, marchants et trébuchants et qui voulant être, paraître
Plus vieux de cinquante ans ne sachant, pourtant, que leur belle jeunesse
File entre leurs doigts et qui se fond au soleil comme de la neige épaisse
Sniffé dans le pif en se sentant Hercule prêt à tout, mettant sens dessus dessous
Confondant le vrai du faux, aveugle des mots, suivant un monde toujours plus fou
Je vous parle de ce temps qui m’a l’air, vraiment si beau au travers de sa vitrine
Ecoulé à chaque instant, alors redonne lui ce souffle, ainsi ma rime se termine
El Jiin
Je suis celui qui suis suivant le vent devant qui souffle et pousse
Celui qui dit mais n’a pas vu et sort de son étui mensonges et poésies
Le même qui fait et cache le vrai du faux, colportassions en douce
Provoquants heurts et malheureux, âmes en peine et cœur détruits
Je piétine le bien par le mâle qui marche avec vergogne et pleine de gloriole
On m’écoute toujours, mots au creux de l’oreille, conseille en mal en vérité
L’homme dans sa course effrénée fonce tête baissée, épaules contre épaules
Je suis celui qui restera près de toi tant que tu n’auras pas reconnu qui est le VRAI
Bataille Des Mots
Sur cette page, je balance en pagaille les idées, dans mon cerveau
Les mêmes qui viennent et qui reviennent comme le refrain d’un solo
A capella ou en duo les rimes se forment et se dressent comme des drapeaux
Plantés dans l’esprit sans aucun rituel, je capitule, ce n’est qu’une démo
De force pour prouver qui est le meilleur de ces jeux de mots ou de mes impros
Relève le défi de ce combat mais mon esprit se bat, se débat, coincé dans cet étau
Chaque syllabe bien lancée, atterrit et fracasse mes idées, déjà bien amochées
Je perds du terrain et sent bien venir la fin, de cette bataille bien engagée
Je renonce et bat en retraite, les mots sont les vainqueurs, je dois l’avouer
La prochaine fois, je serais sans pitié car cette guerre, je compte bien la gagner
Dealer De Mots
Dans ce livre ouvert, je prends ces mots et en fait des vers
De faits d’hiver au ton d’automne qui avait été printemps à une époque
Je manipule les verbes, leurs textures et les conjugue de toutes les manières
Cette fragrance fragile, naïve de lettres mais aussi dure qu’un roc
Je dirige la danse, les voilà tombés sous mon charme alors j’active le pas
Arsène des mots, je pique au vif, ninja de l’impro et vole de mes propres L
Rhétorique emblématique, le voleur de mots attaque sans faille et sans appât
Pas vu, pas pris Zonier est passé mais n’a pas capté le coffre, vidé de ses voyelles
Illusion démo, des mots usés bien comme il faut, un crime littéralement organisé
Je deviens leur dealer des maux, rime avec le crime d’être le meilleur sans ego
Le dico est au pas et taffe pour moi, policier des mots crochés et fautes de dictée
Bescherelle a jeté son tablier, dégouté d’avoir échoué, jeunesse langage SMS par texto
